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« Un fonds régional pour aider l'innovation »JSL du 25 avril 2010
Comment analysez-vous le résultat des élections régionales ?
La gauche obtient un bon score en Bourgogne et en Saône-et-Loire. Nous nous situons au même niveau qu'en 2004, alors que nous étions en phase de conquête. Mais nous devons analyser les raisons de l'abstention, et, finement, sur chaque territoire, la remontée du Front National. On constate une évolution marquée du vote extrême dans les zones rurales et « rurbaines ». Il faudra être capable d'adresser un message audible à cet électorat qui se radicalise et qui considère que ni droite ni gauche ne sont capables d'apporter une réponse à ses inquiétudes. En 2012, la gauche devra savoir lui parler et poser mieux, et davantage, un nouvel idéal de société... Pressenti 1er vice-président, vous héritez des Affaires économiques... J'ai souhaité abandonner la compétence des lycées pour prendre en charge les Affaires économiques. François Patriat m'a confié cette mission et cela me va bien. L'hypothèse de la première vice-présidence n'aurait été posée que si le premier vice-président sortant n'avait pas souhaité reprendre sa responsabilité. Nous ne sommes pas en concurrence mais dans la logique de la composition d'un exécutif. Si j'ai quelques grincements de dents concernant cet exécutif, ils concernent l'absence de Jean-Yves Caullet qui entraîne, au préjudice de l'Yonne, un déséquilibre dans la représentation des départements. J'espère que cela pourra être corrigé dans le courant du mandat... Comment comptez-vous défendre l'emploi industriel ? Plus de 6 000 emplois ont été perdus l'an dernier en Bourgogne dans le secteur industriel. En S.-et-L., le premier enjeu est l'activité liée au nucléaire. La région continuera de soutenir le Pôle métallurgique de Bourgogne (NDLR: le pôle nucléaire), sous des formes différentes: soutien à la formation, notamment pour le personnel des entreprises sous-traitantes afin de renforcer leur qualification, aide à la diversification des sous-traitants pour leur permettre d'innover et de développer leur démarche... Mais une difficulté risque d'apparaître avec le partenariat financier de l'État. Le ministre Borloo a souhaité évaluer tous les pôles de compétitivité et l'État semble se montrer très exigeant en matière de Recherche. Il semble vouloir ramener le nombre de clusters de soixante-dix à une trentaine. On sent venir des arguments d'économies sur des enjeux industriels que je ne peux approuver. On ne peut pas dire comme Nicolas Sarkozy lors d'une de ses visites en S.-et-L. « l'usine, c'est mon truc » et ne pas être au rendez-vous. J'espère que les ministres analyseront notre pôle avec un œil bienveillant, car il s'agit d'un pôle phare de l'industrie nationale... Quelle a été l'intervention la plus marquante du dernier mandat en matière économique ? Sans doute l'accompagnement des deux pôles, Vitagora et nucléaire, car derrière eux, il y a des entreprises qui drainent un potentiel d'activité important avec une bonne part d'innovation. Nous devons conforter cela... Quelles nouvelles propositions allez-vous mettre en œuvre ? Dans une période de crise, alors que le gouvernement dit clairement qu'il ne veut pas jouer son rôle de médiateur, les collectivités ont le devoir de favoriser le dialogue entre salariés et chefs d'entreprise. C'est indispensable pour éviter la désespérance et surmonter les à coups économiques. Du dialogue social naît la potentialité d'activités nouvelles. Par ailleurs, nous avons besoin, dans plusieurs filières d'excellence, de renforcer l'innovation. C'est le cas du cancéropôle/bio-santé, du pôle image à Chalon, des matériaux de demain, notamment les nouveaux métaux, des transports durables ...La région va proposer la création d'un fonds régional pour l'innovation doté pour commencer d'une vingtaine de millions d'euros et dans un deuxième temps de capitaux privés, pour que l'initiative ne soit pas uniquement celle de la collectivité. J'espère pouvoir faire voter cette délibération avant la fin de l'année car il y a urgence, notamment pour la bio-santé... On vous a vu très présent auprès des salariés d'Essex. Une inflexion à gauche de la politique régionale ? La médiation sociale a été inventée au Creusot en 1898 et elle a fait ses preuves. On doit la remettre au goût du jour pour éviter les blocages dangereux. C'est une façon d'introduire de l'humain dans les préoccupations économiques. On ne peut avoir pour seuls paramètres l'équilibre financier et la rationalité budgétaire. Pour Essex, nous avons trouvé une bonne méthode: fabriquer le cadre d'une négociation et ensuite l'engager afin de trouver un bon accord garantissant aux licenciés un soutien et des aides à la reconversion. Nous avons fait, M. le préfet, conseil général et conseil régional, œuvre utile. Interview par J.-Philippe Chapelon " Philippe Baumel, maire du Breuil , était vice-président du conseil régional chargé des lycées lors du précédent mandat. Il s'occupe aujourd'hui du développement économique. Il est également membre du Conseil national du Parti Socialiste, et président de l'Union départementale des élus socialistes et républicains. Lundi 26 Avril 2010
Gaël BRUSTIER
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