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Réponse d'un militant socialiste à une ex-camarade...
Parti Socialiste : Réponses d’un militant de base à Nicole Eschmann
La lecture du Journal de Saône & Loire de ce dimanche 10 janvier 2010 a révolté le vieux militant socialiste que je suis avec mes 47 ans d’appartenance au Parti Socialiste et ma volonté intacte de toujours lui apporter exigence dans les idées de gauche et travail au quotidien pour combattre la droite et le libéralisme, autrement dit le capitalisme. Alors, d’où provient, d’où vient cette révolte à la lecture de vos propos car j’emploie le vouvoiement pour la personne qui, en fin de compte, ne vient de quitter le PS que parce qu’elle n’a pas pu obtenir l’investiture qu’elle convoitait chez nous. Car nous nous sommes côtoyés à deux reprises : la première à l’occasion d’un événement relatif à la mémoire du Parti Socialiste, la deuxième dans des réunions de notre courant véritablement commun, à savoir « Rénover Maintenant ». Il est utile de rappeler cette double rencontre qui fut importante car elle ne correspond nullement à l’image qui restait en moi de Nicole Eschmann telle qu’elle apparait ce jour, sous le signe de l’ambition et d’une forme inédite de narcissisme. La première avait pour raison le Centenaire du Parti Socialiste (1905-2005) et le Parti Socialiste avait créé un petit groupe informel de militants qui avait travaillé à faire de cette célébration un évènement collectif et un moment émouvant d’histoire et de fidélité. Et je me souviens très bien de vos remarques exaltant la fidélité au PS, mitraillant de votre appareil photographique tous ces adhérent(es) qui avaient plus de 40 années de cartes, toujours vaillants dans leur combat pour la classe ouvrière, toujours diserts sur les belles et grandes conquêtes de 1936 à 1981, toujours alertes dans leurs idées et dans leurs pratiques pour les plus jeunes. Et je me souviens de vous qui , en cet instant-là, disiez : « Si je pouvais leur ressembler, si je pouvais faire comme eux, être aussi fidèle que vous, moi qui suis une nouvelle adhérente.. » en emportant mon panier de souvenirs et de coupures usées de presse, de mes cartes depuis 1963, de mon mandat du Congrès de l’Unité des Socialistes à Epinay… que vous m’avez d’ailleurs gentiment rendu -après l’avoir étudié- à la réunion suivante comme vous fûtes également gentille de nous avoir fait parvenir les belles photographies de cette journée à l’Embarcadère de Montceau-les-Mines. Autant j’avais été heureux de cette rencontre, autant je suis attristé de voir que vos belles paroles de 2005 n’ont pas tenu l’espace de cinq à six printemps alors que le Parti Socialiste comme il est offert aux regards des lecteurs n’est heureusement guère conforme à l’image frisant la caricature que vous en présentez. Car je me souviens de vous qui me disiez : « Oui, j’ai adhéré après le 21 avril car je ne veux plus de cet émiettement de la gauche qui fut à l’origine de la défaite de Lionel Jospin face au Front National. Il faut un Parti Socialiste fort et puissant ». Oui je sais, le PS n’est pas au mieux de sa forme avec des faiblesses, des insuffisances, des tergiversations que l’espace médiatique entretient et amplifie malicieusement à satiété comme cet article qui vous est consacré aujourd‘hui, où le titre est rassurant mais tout de suite démenti par vos intentions qui demeurent ambiguës pour ne pas dire plus et me font complètement douter de votre envie d’accord alors que, jusqu’à présent, vous n’avez jamais émis la moindre critique officielle sur la politique du Conseil Régional à direction socialiste entre 2004 et 2009 ! C’est maintenant que vous commencez à le faire avec des exemples qui me laissent songeur voire pantois surtout lorsqu’ils s’adressent aux initiatives et campagnes du PS au temps de votre filiation à cette formation. Est-ce que la votation sur la Poste, la pétition contre la privatisation de la RCEA auraient eu tant d’impact si les militants, les maires et les équipes municipales socialistes n’étaient pas au premier rang de la contestation dans leur Mairie ou sur le bord de la route : renier cela en changeant de sigle de manière restrictive pour être sur une liste qui vous assure, en principe, d’être élue ( à bien répéter), n’est-ce pas avoir la mémoire courte sur son engament politique premier ayant pour socle une déclaration de principes universelle même si vous vous offusquerez de mon affirmation qui cependant tient la distance. Mon affirmation tient également pour RESF qui a vu des maires socialistes s’engager au plan des parrainages publics qui ont donné une toute autre dimension à sa démarche noble et justifiée de soutien aux sans-papiers. Et le PS est-il vraiment dans cet état calamiteux que décrit à longueur d’article ou d’antenne le microcosme de la presse et de la télévision plus intéressé par la venue imprévue de telle ou telle personnalité dans telle ou telle réunion que par le Tour de France de notre 1er Secrétaire qui ne fit jamais l’objet d’un seul reportage des journaux télévisés. Vous savez, lorsque le PS gagne des dizaines de villes petites, moyennes et grandes aux élections municipales et des sièges aux élections partielles récentes, c’est qu’il n’est pas en si piteux état que cela. Et les militants devraient s’en souvenir, même ceux d’une époque où la cotisation à bas coût avait eu un énorme et facile succès. Et, vous expliquez de manière toujours partielle et partiale la vie et le fonctionnement du PS. S’il n’est pas toujours à l’abri, loin s’en faut !, de querelles intestines où l’égo le dispute au « pipeul », sa vie et son fonctionnement sont cependant régulés par nos règles et statuts qui furent toujours respectés, au plan départemental, dans l’élaboration des candidatures et des listes pour mars 2010 avec une réunion fédérale à laquelle j’assistais, où toutes les information furent données, où le vote fut quasi unanime. Quand on adhère au PS, les textes qui le régissent vous sont communiqués. Alors, s’il vous plait, n’assommez pas injustement le Parti Socialiste, pour la simple et unique raison qu’il ne vous a pas prise sur sa liste et que, par dépit, vous avez trouvé refuge auprès des « Verts » trop contents de débaucher une ancienne candidate PS aux élections législatives, trop contents de donner un joli coup (de poignard ?) au PS, trop contents d’apparemment grignoter quelques voix pour tenter de réduire le vote socialiste aux élections régionales. Ce n’est pas très digne ! Et vous quittez le PS précisément au moment où les idées et les propositions de « Rénover Maintenant » d’Arnaud Montebourg, qui nous étaient communes si je me souviens bien de nos interventions pendant cette période, ont été ratifiées par la consultation militante du mois d’octobre. Quitter le navire maintenant n’est donc ni très glorieux ni très éthique alors que le combat que nous menions nombreux, ensemble, pour rénover le PS et la république commence à porter ses fruits, est validé par la décision souveraine des adhérents. Je ne peux concevoir votre départ dans ce contexte-là. L’ayant lu, je vous voyais pourtant davantage sous la bannière de Jean-Luc Mélenchon plutôt que sous celle de Daniel Cohn-Bendit et des bobos franciliens qui ne sont pas du même monde que notre cité ouvrière de Gueugnon, où le Parti Socialiste (et la gauche) fait ses plus beaux scores, avec de 60 à 75% des voix, dans le Quartier populaire des Gachères. A titre indicatif, alors que le contenu de la motion présentée par Benoit Hamon recueillait de ma part un large assentiment, je ne l’ai pas signée. A postériori, je m’en félicite quand je vois que celles et ceux qui la soutenaient en S&L quittent Benoit Hamon, porte-parole du PS, en quittant le PS : cela signifie que leur signature d’un texte d’orientation n’avait qu’une valeur fort relative et qu’ils considèrent leur tête de file du Congrès de Reims comme un accessoire de mode jetable au premier et moindre soubresaut interne qui ne vous plait pas. Souvent minoritaire, je n’ai jamais quitté le PS, préférant la fidélité jamais aveugle, parfois en fort coup de gueule, aux aventures et dérives individuelles anecdotiques souvent sans lendemains. Souvent minoritaire, j’ai accepté d’avoir des rôles subalternes, cependant utiles et intéressants ; ce que ne paraissent pas admettre celles et ceux qui , comme vous, n’appartiennent pas aux instances de direction au plan local ou fédéral. Enfin, sachez que, pour le peuple de gauche, le résultat du 1er tour a valeur de principe républicain. Autrement dit, c’est l’équipe arrivée en tête qui voit son programme confirmé majoritairement et le nombre de places dans la liste commune à établir se calculer arithmétiquement sans que les palabres ou les conditions en forme d’ultimatum puissent faire capoter l’unité qu’il souhaite ardemment, parfois dès le 1er tour comme dans plusieurs régions avec d’autres formations voisines et amies. Je ne sais pas ce qui se passe dans le Mâconnais mais sachez que votre article se trouve en page départementale , possède donc suffisamment d’ impact pour que le vieux militant que je suis ne puisse pas ne pas réagir en raison des déclarations problématiques voire aléatoires qu’il contient car vos propos le font souffrir dans leur aspect de démolition du Parti Socialiste qui connait certes des bas et des hauts mais qui demeure l’héritier d’une immense tradition de justice sociale depuis Jean Jaurès jusqu’à nos jours et pour l’avenir, en n’oubliant pas le Front Populaire et le Conseil National de la Résistance. Pour l’avenir, dès lors que la corrélation et l’adéquation entre les idées, les comportements, le projet, la stature et la personne (femme ou homme) seront démocratiquement établies et validées comme elles le furent, entre 1971 et 1981, avec François Mitterrand, elles signifieront que le Parti Socialiste et ses militant(es) auront, à nouveau, entre leurs mains, l’ outil politique évident, séculaire et innovant, à même de présider et de gouverner la France pour que les idées de gauche ( de l’économie solidaire au service public, de la culture partagée à l’écologie, pour ne citer qu’elles…) passent au stade des réalités. Loin de quitter le navire des conquêtes sociales (ce que finalement vous faites) , il nous faut, bien au contraire, continuer dans ce Parti Socialiste plus que jamais d’actualité et de nécessité. Texte rédigé par Jean-François Forest, ce dimanche 10 janvier 2010, Militant de la Section de Gueugnon du Parti Socialiste. Vendredi 15 Janvier 2010
Gaël BRUSTIER
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